Anthony Burgess

A propos des oeuvres Anthony BURGESS

Quatuor n°1 “en hommage à Maurice Ravel” (Pâques 1986 / Création Janvier 1987 Académie Rainier III de Monaco

Quatuor n°2 (Juillet 1988 / Création Janvier 1989 – Théâtre Princesse Grace de Monaco).

Quatuor n°3 (Décembre 1989 / Création Août 1990  Théâtre Antique d’Arles / France).

Concerto Grosso pour quatre guitares et orchestre (Mars 1987 / Création Février 1989-Cannes / France).


Critiques

Quatuor n°1 “en hommage à Maurice Ravel” :
Le charme, la simplicité d’écriture et la limpidité de cette œuvre – signée du nom d’un romancier anglais célèbre – auraient ravi celui à qui il rend un précieux hommage.
Yves Hucher / Nice-Matin / 13 Septembre 1987 / Pte de Monaco.

Quatuor n°2 :
L’Aïghetta quartett: Quatre virtuoses de très grande valeur (encouragés s’il vous plaît par Cziffra et Szeryng) héritiers de l’école de Ségovia, quatre individualités dotées d’un fabuleux esprit d’ensemble qui ont déclaré la guerre aux frontières naturelles de la guitare. Fugue ou polyphonie? Aucun problème, au contraire, une interprétation enjouée et accomplie dans le deuxième quatuor de Burgess qui n’abandonne jamais complètement l’espace sonore traditionnel mais l’élargit prudemment; le thème fugué ne fait pas seulement honneur au romancier, mais aussi au compositeur. Et que dire de la complexité rythmique et de la conduite raffinée des voix dans le contrepoint dense du Scherzo et du Rondo si ce n’est qu’elle suppose une précision d’horloge de la part des interprètes: Guitares mécaniques? L’Aïghetta est ici bien au dessus de ce type de préoccupation et ne manque jamais de sensibilité.
Klaus Bennert / Süddeutsche Zeitung (Münchner Kulturberichte) / 29, 30 Avril, 1er Mai 1989 / Münich (RFA).

Le quatuor n°2 d’Anthony Burgess est une œuvre de la plus haute exigeance pour les instrumentistes qui cependant la dominent avec bravoure.
Peter Thomas AZ Tagblatt / 30 Aout 1990 / Linz (Autriche).

Concerto Grosso:
La partition de son Concerto Grosso pour quatre guitares est foisonnante. Baroque, riche, parfois trop, comme ces coffres aux trésors dans lesquels on trouve de tout ce que l’on a aimé: quelques volutes andalouses, des contrastes stravinskiens, des rutilances straussiennes côté orchestre, qui sonne bien et fait un écrin de choix aux aimables instruments solistes, cordes ciselées sous les mains d’orfèvre des guitaristes d’exception de l’Aïghetta Quartet. Les pages que leur a réservé le romancier sont d’une écriture subtile et complexe, souvent charmeuse, qui va des formes élisabethaines aux dessins modernes, en passant par des rondeurs aimables, qui font se lever des images de printemps. L’ensemble, parfois émouvant et étrange, échappe souvent aux conventions. Le plaisir de l’auditeur a été constant, de bout en bout, et Anthony Burgess a été très heureux de l’accueil enthousiaste qui a été fait, à Cannes, à l’écrivain et à son œuvre de compositeur.
Aurore Busser / Nice-Matin / 28 Février 1989 / Cannes (France)


Anthony Burgess 

Anthony Burgess est né en 1917 à Manchester. Plusieurs fois pressenti pour le Nobel, considéré comme l’un des plus grands romanciers contemporains, l’écrivain britannique eut une première passion: la musique.
A douze ans, séduit par Beethoven, Debussy et Wagner, il apprend tout seul le piano, puis la composition. Diplômé du Conservatoire, mais ayant échoué aux examens d’entrée au département musical de l’Université, il se tourne vers la philologie, dont il se souviendra pour imaginer les borborygmes préhistoriques de la guerre du feu de Jean Jacques Annaud; il s’éloignera alors d’une carrière de compositeur pour se trouver “condamné à une vie d’écriture”.
Cependant, rivé dix heures par jours à sa vieille Remington, rédigeant ses mille mots quotidiens, totalisant plus de cinquante ouvrages (romans, essais, biographies) parmi lesquels Orange mécanique porté à l’écran par Stanley Kubrick, il reste fidèle à sa passion.
Il compose donc une œuvre, trouvant dans l’action physique de tracer des points sur du papier un exercice bienfaiteur et relaxant, essentiel à son équilibre mental : œuvres symphoniques, opéras, concertos, ballets, quatuors et quintettes à cordes, pièces pour piano, etc…
Il rêve cependant de retourner à ses premières amours, et déclare en 1988 : “Je suis à la fin de ma création littéraire. J’ai 71 ans. Je suis un vieillard. Je ne veux plus écrire de romans. Mon père et ma mère étaient musiciens, j’ai déjà écrit trois symphonies, un opéra pour le centenaire de Joyce. Mon imagination est avant tout orale. C’est par la musique que ma vie a commencé, c’est par la musique que je désire qu’elle s’achève”.
Installé depuis 1974 à Monaco, ce n’est qu’en 1986 qu’il rencontre les membres de l’Aïghetta Quartett, alors qu’il recherche un professeur de guitare pour sa femme à l’Académie de musique de Monaco.
Il est séduit par le son de l’ensemble  qu’il trouve”nouveau et irrésistible” , et lui écrit en quelques jours un premier quatuor pour “étoffer un répertoire qui en a besoin “; ceci, directement, sans rature, avec juste du papier à musique et un crayon. Cette première oeuvre pour le quatuor de guitare sera aussi la première de ses oeuvres à être enregistrée. “Cest une œuvre simple, une sonate, qui bien que dédiée à Ravel est plus proche de Poulenc. Elle flirte avec la polytonalité de Darius Milhaud, mais peut à d’autres égards être considérée comme une œuvre très britannique. Le mouvement lent est une passacaille inspirée de Henry Purcell, un maître en la matière”.
Fasciné par les possibilités sonores de l’ensemble et persuadé que le son d’un quatuor de guitares peut ressembler à celui d’un orchestre, il n’hésite pas à arranger l’Ouverture d’Obéron de Carl Maria von Weber en manière de démonstration. Cet arrangement sera interprété en 1987 à la Fenice de Venise par le quatuor Aïghetta à l’occasion de la création du nouveau livret que Burgess avait écrit pour cet opéra. Par la suite il transcrit “Mercure” de la suite pour orchestre Planètes de Gustav Holst. “À certains égards c’est une pièce appropriée ; légère, immatérielle et, en un sens, de la musique pour guitare, et, très difficile à jouer “.
Fort de ces expériences il compose deux nouveaux quatuors et un concerto Grosso pour quatre guitares et orchestre (Mars 1987 / Création Février 1989-Cannes / France) pour le quatuor Aïghetta.
En 1989 il déclare dans l’émission Face à Face de Jeremy Isaacs sur la chaîne télévisée BBC que la création de son concerto Grosso avait été l’une des plus grandes joies qu’il avait éprouvées dans sa carrière de compositeur.
Cette collaboration devait prendre fin en 1993 avec la disparition de l’étonnant personnage.